Dépassement de valeur limite d’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants
Le 27 février 2026 la société de Contrôles industriels de l’Etang (CIE) – Agence de Martigues a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif dans le domaine de la radioprotection (ESR) portant sur le dépassement de la valeur limite annuelle d’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants pour l’un de ses salariés[1] sur une période d’un mois.
Le travailleur concerné est un opérateur manipulant régulièrement des appareils de gammagraphie[2] en conditions de chantier chez les clients de l’entreprise. Compte tenu du débit de dose important que ces appareils peuvent délivrer, le risque d’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants est l’un des principaux enjeux de l’activité de gammagraphie.
Le dépassement de la dose a été détecté par l’organisme prestataire de la société CIE pour la dosimétrie individuelle[3], lors du développement du dosimètre à lecture différée porté par le salarié. Ce dépassement potentiel de la valeur limite annuelle d’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants a été atteint en une fois sur le mois d’octobre 2025, indépendamment de la dose efficace cumulée les mois précédents pour ce travailleur. A ce stade, les résultats de la dosimétrie de référence ne sont pas confirmés par les résultats de la dosimétrie opérationnelle[4] du mois d’octobre 2025.
Par ailleurs, l’expertise réalisée par l’organisme prestataire de la société CIE pour la dosimétrie individuelle le 26 février 2026 n’a pas permis de déterminer les conditions d’exposition du dosimètre.
L’entreprise a décidé de suspendre le travailleur concerné des missions comportant un risque d’exposition aux rayonnements ionisants, dans l’attente des préconisations du médecin du travail.
Un compte rendu d’événement significatif est attendu sous deux mois afin d’analyser les causes de cet événement, en investiguant notamment les résultats de dosimétrie de référence des opérateurs ayant réalisé des chantiers avec le travailleur concerné par cet événement.
Cet événement ne présente pas de conséquences sanitaires pour le travailleur concerné. Toutefois, en raison du dépassement de la valeur limite annuelle d’exposition professionnelle en un mois, à ce stade et dans l’attente d’investigations plus approfondies des conditions d’exposition du travailleur, l’ASNR classe cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).
L’ASNR contrôlera la mise en œuvre effective des actions décidées par l’entreprise et plus particulièrement celles relatives à la gestion de la dosimétrie des travailleurs (modalités de port de la dosimétrie individuelle par dosimètre à lecture différée et de la dosimétrie opérationnelle, consignes aux opérateurs, formation, etc.).
[1] La valeur limite d’exposition professionnelle dépassée est fixée au 1° de l’article R. 4451-6 du code du travail, à savoir, 20 mSv sur 12 mois consécutifs évaluée à partir de la dose efficace.
[2] La gammagraphie est une technique de contrôle non destructif utilisant une source radioactive émettant des rayonnements gamma.
[3] La surveillance dosimétrique individuelle est assurée, pour l’exposition externe, par un dosimètre à lecture différée
[4] Mesure en temps réelle de l’exposition externe d’un travailleur avec un dosimètre électronique.
Date de la dernière mise à jour : 06/03/2026
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie